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Interviste · 17 septembre 2026

ENTRETIEN ACCORDÉE À GAETANO MASCIULLO POUR LIFE SITE NEWS

Sur la Messe de toujours, le système d’impunité et le devoir de résister - Deuxième partie


Carlo Maria Viganò

ENTRETIEN  ACCORDÉE  À  GAETANO  MASCIULLO POUR  LIFE SITE NEWS

Gaetano Masciullo : Dans toute cette crise, vous avez toujours indiqué dans la réforme liturgique non pas une conséquence mais une cause. Pourquoi la question de la Messe, selon vous, est-elle antérieure et plus décisive que la question doctrinale ? Et quel sens a, dans ce contexte, l’acharnement de Traditionis Custodes, maintenu intact par Léon XIV ?

Parce que l’Église a toujours su ce que les modernistes ont délibérément oublié : ut legem credendi lex statuat supplicandi. C’est la loi de la prière qui établit la loi de la foi, et non l’inverse. Le peuple chrétien n’apprend pas le dogme des manuels : il le respire depuis l’autel. Un homme qui pendant des années s’est agenouillé devant le Saint-Sacrement, qui a vu le prêtre tourné vers Dieu et non vers l’assemblée, qui a assisté à la Consécration dans le silence sacré du Canon, croit en la Présence Réelle et dans le Sacrifice même s’il ne pourrait pas formuler les dogmes relatifs ; et aucun théologien ne pourra lui retirer cette foi. Mais si sa prière est modifiée, sa foi change sans qu’il en soit conscient, et sans que personne n’ait eu à écrire la moindre proposition hérétique.

C’est pourquoi je dis que la réforme liturgique n’a pas été une conséquence de la crise : elle en a été l’instrument. C’était la manière la plus rapide et la plus sûre d’atteindre ce qu’une définition n’aurait jamais pu accomplir. Et il faut le noter, c’est l’application parfaite de ce principe bergoglien selon lequel le temps est supérieur à l’espace : rien n’est défini, un processus est entamé, et on laisse quelques générations faire le reste. Quiconque cherche une confirmation devrait lire le Brève Examen critique des Cardinaux Ottaviani et Bacci, qui déjà en 1969 avertissaient que le nouveau rite « s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXe session du Concile de Trente ». Ceci n’a pas été écrit par deux séditieux, mais par l’ancien secrétaire du Saint-Office [1] et un Cardinal de la Curie. Ils ont été ignorés, et aujourd’hui les statistiques sur la foi en la Présence Réelle confirment à quel point ils avaient raison. Cranmer avait compris, quatre siècles plus tôt, que pour changer la religion d’un peuple il suffisait de changer la Messe, et il n’avait pas besoin de nier un dogme pour éradiquer le Saint Sacrifice de l’Angleterre.

Quant à Traditionis Custodes, c’est la confession la plus éloquente que nos adversaires pouvaient faire. Si les deux rites exprimaient vraiment la même foi, persécuter l’un d’eux serait un caprice inexplicable : ils le persécutent parce qu’ils savent très bien qu’ils n’expriment pas la même foi, et que tant qu’un seul autel garde l’ancienne lex orandi, la nouvelle ne pourra se considérer victorieuse. Et il convient de noter que sous Prevost ce document n’a ni été retiré ni atténué : il a plutôt été appliqué de manière encore plus ferme, avec une méticulosité que Bergoglio n’a pas eu le temps d’exercer. Le fait que Léon lui-même — qui parle tant d’accueil et d’écoute — s’acharne contre la Messe de toujours, prouve à ceux qui espéraient encore en lui que dans l’église synodale il y a de la place pour tout, sauf pour le rite dans lequel l’Église prie depuis des siècles.

Gaetano Masciullo : Prevost a été aussi élu grâce à ceux qui espéraient une restauration de l’ordre juridique, mais en réalité il semble poursuivre l’agenda de son prédécesseur, ralentissant simplement le pas et déléguant les décisions les plus épineuses à la Curie. Ce style plus flegmatique et « dialoguant » ne risque-t-il pas d’être encore plus insidieux pour la défense du dogme que l’autoritarisme direct de François ?

Je dois corriger la prémisse de la question, car c’est précisément le malentendu sur lequel Prevost compte. On ne peut pas du tout dire qu’il avance lentement : il avance à marche forcée, sans la moindre considération pour les réactions — aussi parce que les réactions sont peu nombreuses, et qu’elles sont rapidement étouffées. Ce qui a changé par rapport à Bergoglio, ce n’est pas la rapidité : c’est le visage. Bergoglio hurlait, et celui qui hurle réveille ; Prevost sourit, et celui qui sourit endort. Mais c’est un sourire glacial, le sourire narquois de quelqu’un qui sait qu’il ne rencontrera pas de résistance.

Regardons les faits, pas les manières. L’agenda n’a pas été ralenti : il a été renforcé sur tous les fronts — synodalité, environnementalisme, immigrationisme, œcuménisme syncrétique, normalisation de l’idéologie LGBTQ+. Et regardons surtout les nominations, qui sont le test décisif d’un pontificat : il n’y en a pas une seule qui fasse exception ; pas un homme de doctrine sûre promu, pas un ennemi de la Foi éloigné. Dans chaque chapitre, Prevost est allé plus loin que son prédécesseur.

Le 13 août, à Cuzco, lors d’une rencontre préparatoire pour le voyage de Prevost au Pérou, Mgr Jordi Bertomeu — Commissaire pontifical du Dicastère pour la Doctrine de la Foi — a déposé des feuilles de coca dans l’offrande à l’idole infernale de la Pachamama, accompagné de Mgr Lizardo Estrada Herrera, Évêque auxiliaire de Cuzco et Secrétaire général du CELAM, et de Mgr Miguel Ángel Cadenas, Évêque d’Iquitos. Avec Bergoglio, la Pachamama était entrée dans les Jardins du Vatican et dans la Basilique Saint-Pierre comme un geste scandaleux ; avec Prevost, elle est entrée dans le Dicastère qui aurait la tâche de la condamner — et elle y est entrée par la main de celui qui, dans ce Dicastère, administre la justice. Ce n’est pas un ralentissement : c’est une institutionnalisation.

Le style de Léon n’est mesuré qu’à l’apparence. Du latin ici et là, la mozette portée même de manière inappropriée — même en descendant de l’avion — le ton courtois : ce sont des anesthésiques administrés à un corps désormais incapable de réagir. Et l’anesthésique n’atténue pas la violence : il la rend possible.

Les conservateurs ont été charmés par la forme. Mais en vérité, il n’y a même pas cela. Ceux qui étaient satisfaits de la mozette ont eu la mozette et rien d’autre, et ont payé ce morceau de tissu par le silence sur tout le reste.

Enfin, il y a l’aspect qui révèle la nature authentiquement tyrannique de ce gouvernement, et c’est la délégation. Prevost délègue à la Curie, aux Dicastères, aux Conférences épiscopales, aux « processus synodaux », de sorte qu’aucune décision ne porte sa signature et que chacune puisse être présentée comme le fruit du discernement collectif. Ce n’est pas de la douceur : c’est la forme la plus parfaite du pouvoir absolu, celle qui exerce le pouvoir sans en assumer la responsabilité. L’ancien tyran signait ses édits et en portait la haine ; le tyran synodal fait délibérer les autres et reste au-dessus, arbitre et jamais accusé. C’est la dissolution de la responsabilité personnelle du Pape — exactement ce que propose la synodalité — et celui qui ne décide jamais ne peut jamais être contredit. Le Pape qui ne décide pas est le Pape qui a décidé de laisser faire, et qui a trouvé un moyen de ne rendre de comptes à personne.

Gaetano Masciullo : Vous avez pris la parole publiquement sur l’affaire d’Eleuterio Vásquez González, connu sous le nom de Lute, le prêtre péruvien accusé de graves abus envers les filles dans le diocèse de Chiclayo. Lorsque Léon XIV était évêque de ce diocèse, l’enquête canonique a été définie par un délégué ecclésiastique comme « une farce » ; pourtant aujourd’hui, le Pape a pour secrétaire personnel Edgard Rimaycuna, un prêtre qui a grandi dans le cercle pastoral et sacerdotal de Lute.

Un autre prélat important, le Vénézuélien Edgar Peña Parra – ancien Substitut de la Secrétairerie d’État et aujourd’hui nonce pour l’Italie et Saint-Marin – a été dénoncé par vous en 2002 pour des accusations très graves, allant des abus sur des mineurs séminaristes à des liens présumés avec des morts violentes, accusations alors systématiquement ignorées par Bergoglio.

À la lumière de ces cas et d’autres, pensez-vous que sous Bergoglio un véritable « réseau » de protection mutuelle entre hommes de pouvoir a été consolidé dans l’Église, dans lequel les omissions et responsabilités sont dissimulées pour préserver les équilibres internes ? Et, si oui, à quel point ce phénomène est-il répandu au sommet du Saint-Siège ?

L’affaire Lute reproduit avec une précision impressionnante le modus operandi d’autres affaires très graves, de McCarrick à Rupnik : les victimes qui dénoncent et ne sont pas écoutées ; une enquête menée de manière à ne rien trouver ; le Dicastère qui archive invoquant le délai de prescription ; l’accusé qui non seulement reste impuni, mais est protégé. Et parallèlement, l’inverse nécessaire : ceux qui dénoncent les crimes et défendent les victimes sont détruits. Mgr Ricardo Coronado, le canoniste qui avait pris en charge la défense des trois jeunes femmes, s’est vu retirer son autorisation d’exercer la profession d’avocat ecclésiastique par la Conférence épiscopale péruvienne en août 2024, et quatre mois plus tard, il a été réduit à l’état laïc par un décret qui — il convient de noter — ne portait pas la signature manuscrite de Bergoglio. Celui qui accuse perd la prêtrise ; celui qui est accusé conserve tout. Et ici, il n’y a rien à interpréter : l’Évêque de Chiclayo, qui mena cette enquête qualifiée de « farce » par ceux qui la connaissaient de près, siège aujourd’hui sur le Trône de Pierre, et a voulu, à ses côtés, en tant que secrétaire personnel, un prêtre formé dans le cercle du Père Lute: Edgard Rimaycuna. Ce ne sont ni des détails biographiques ni des coïncidences malheureuses : ce sont la preuve que, dans ce système, la proximité avec certains cercles n’est pas un obstacle à une carrière, mais la condition pour y progresser.

Et observons une coïncidence qui n’est pas une coïncidence. Les mêmes Mgr Jordi Bertomeu qui à Cuzco a offert des feuilles de coca à la Pachamama est l’homme qui, au Dicastère pour la Doctrine de la Foi, a inauguré — et justifié en ligne de principe — cette interprétation du droit canonique selon laquelle les procédures ordinaires, avec les garanties qu’elles assurent à l’accusé, sont remplacées par des structures parallèles et par des pouvoirs octroyés à des commissaires extraordinaires. C’est la doctrine juridique qui rend possible le sort de Mgr Coronado : lorsque la procédure cède à la volonté du commissaire, celui qui dérange est perdu d’avance, et il n’a même pas le droit de se défendre. Coronado, avant d’être réduit à l’état laïc, fut accusé d’actes infâmes sans la moindre preuve.

Et ce n’est pas un cas isolé. Lorsqu’un prêtre péruvien, le père Omar Sánchez, a publiquement critiqué la gestion du Commissaire Bertomeu, vingt-deux jours plus tard, une accusation d’abus à son encontre est apparue dans la presse — une accusation que le plaignant présumé a ensuite niée publiquement, déclarant qu’il n’avait jamais déposé de plainte.

Ceux qui s’opposent au système découvrent qu’il y a un dossier contre eux. Et l’homme qui offre des feuilles de coca à la Pachamama est le même qui dépouille du sacerdoce celui qui a défendu les trois jeunes victimes du père Lute à Chiclayo. Cela nous donne la mesure de ce qu’est devenu le Saint-Office.

Quant à Peña Parra, permettez-moi une précision que je considère importante. J’ai traité son cas bien plus tôt, lorsque j’étais Délégué pour les Représentations Pontificales auprès du Secrétariat d’État. Les accusations — la séduction de deux séminaristes mineurs à Maracaibo en septembre 1990, et le lien dans l’affaire de deux morts violentes en août 1992 — avaient été transmises au Secrétairerie d’État en 2002 par le Nonce au Venezuela, Mgr André Dupuy. Cela n’a pas empêché la carrière de Peña Parra. Et j’ajouterais un détail qui en dit long sur le rôle des médias : j’ai parlé de cette affaire dans une longue interview avec le Washington Post, et c’est précisément la partie concernant l’agresseur vénézuélien qui a été censurée. Bergoglio l’a voulu comme Substitut ; Prevost l’a envoyé Nonce en Italie.

Oui, il y a un réseau. Je ne dis pas cela par conjecture, mais par expérience directe de décennies dans la Curie Romaine et à la Nonciature. Il repose sur un principe simple : ceux qui sont susceptibles de chantage peuvent être contrôlés par ceux qui exercent le chantage. La corruption morale n’est pas un accident du système : c’est son ciment. Pour cette raison, le coupable ou complice est promu, tandis que celui qui dénonce est isolé et frappé.

Quelle est l’étendue de ce réseau de corruption ? Il suffit de voir combien parmi la « descendance » de McCarrick occupent encore des postes de haut niveau aux États-Unis et au Vatican ; combien des Cardinaux créés par Bergoglio ont été choisis précisément en raison de leur corruption et du fait qu’ils sont susceptibles de chantage ; et combien, à la Secrétairerie d’État et dans les Dicastères, doivent leur position non pas à la doctrine ou à la sainteté, mais à l’appartenance à une filière. La réponse réside dans les faits, et les faits parlent d’eux-mêmes.

Gaetano Masciullo : Qui bénéficie de ce mécanisme ? Bergoglio en était-il l’architecte, ou s’est-il retrouvé mêlé à ce mécanisme malgré lui ?

Ni l’un ni l’autre, dans les termes dans lesquels la question est posée. Bergoglio n’était pas la victime d’un système, mais il ne fut pas non plus son inventeur : il en fut le bénéficiaire puis le garant. Il fut élu grâce à la Mafia de Saint-Gall, c’est-à-dire grâce à un réseau qui avait planifié sa propre prise de pouvoir pendant des années, et qui trouva en lui l’homme qu’il fallait parce qu’il était effronté, dépourvu de scrupules doctrinaux et extraordinairement habile dans l’usage du pouvoir — une qualité affinée pendant une longue formation jésuite dont il a gardé la méthode toute sa vie : obéissance exhibée et manœuvres souterraines, pauvreté ostentatoire et pouvoir absolu.

Une fois élu, il fit ce que fait tout pouvoir illégitime : il s’entoura d’hommes qui ne pouvaient pas le trahir parce qu’il en connaissait la corruption et les crimes, et il chassa ceux qui, n’étant en aucun cas susceptibles de chantage, n’étaient pas contrôlables. Ce n’est pas un hasard si ses plus proches collaborateurs — de Zanchetta à Peña Parra — sont des personnages sur lesquels pèsent des accusations très graves, qu’il a systématiquement couverts et promus.

L’affaire Marko Rupnik est exemplaire. En 2019, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi l’a excommunié pour avoir acquitté son complice, un des crimes les plus graves réservés au Siège Apostolique. À la demande de Bergoglio, cette peine a été commuée. Plus tard, en 2023, la Compagnie de Jésus l’a expulsé pour insubordination, et peu après, Rupnik a trouvé un évêque slovène disposé à l’incardiner. Quant au procès canonique, plus de six ans après les faits, on n’en sait toujours rien. Ce qui rend l’affaire Rupnik encore plus scandaleuse, c’est qu’il est entouré d’ecclésiastiques qui lui doivent leur position et qui, en le protégeant, se protègent eux-mêmes : à commencer par l’alors Cardinal Vicaire Angelo De Donatis, dont la mutation du Vicariat de Rome à la Pénitencerie Apostolique est intervenue précisément à la suite de cette affaire. Il ne s’agissait pas tant d’une promotion, comme certains ont voulu le faire croire, que d’un moyen de le protéger, de le préserver des questions qu’il ne pouvait plus éluder à Rome.

À qui profite tout cela ? Cela profite, à l’intérieur, à une caste cléricale qui a fait de l’Église sa propriété privée et qui a besoin de l’impunité pour survivre. Elle profite, extérieurement, à ces pouvoirs financiers, politiques et supranationaux — c’est-à-dire globalistes — qui ont intérêt à maintenir l’Église Catholique sous chantage, car une Église susceptible de chantage ne parle pas, ne condamne pas, ne fait pas d’évangélisation, mais collabore. Le lien entre l’église profonde [deep church] et l’état profond [deep state] n’est pas une théorie : c’est la raison pour laquelle le Saint-Siège a soutenu docilement chaque agenda globaliste — du climat à la migration, de la pandémie à la fraternité universelle, des politiques sanitaires au pansexualisme — et c’est la raison pour laquelle a signé et renouvelé obstinément l’accord secret avec la Chine communiste, livrant les Évêques fidèles et l’Église clandestine à leurs persécuteurs, tout en se taisant sur tout ce que l’Évangile lui impose de crier.

La corruption morale et la corruption doctrinale sont les deux faces d’une même pièce. Ceux qui ont trahi la Foi trahissent aussi la morale, et ceux qui sont susceptibles de chantage en matière morale sont prêts à trahir la Foi — jusqu’à l’idolâtrie, comme les feuilles de coca déposées à Cuzco par un fonctionnaire de l’ancien Saint-Office le démontrent à quiconque a des yeux pour voir.

Gaetano Masciullo : Pendant que le Conclave était en cours, une haute autorité maçonnique (je ne la nommerai pas) m’a dit en confidence : « Vous verrez qu’ils éliront l’idiot utile de François. » Quand j’ai demandé des explications, cette personnalité — très proche, en effet, des cercles curiaux romains — me dit que François avait nommé des cardinaux « avec des squelettes dans les placards » les choisissant dans les périphéries du monde, avec la demande d’élire « son homme » et de voir son « héritage synodal » préservé. Lorsque Prevost fut élu, il me dit avec sarcasme : « Habemus Papam ! Ils l’ont élu. » Au début, j’étais très prudent, et même plein d’espoir dans la figure de Prevost. Maintenant que plusieurs mois se sont écoulés, je me demande à quel point l’interprétation de cette autorité maçonnique était éloignée de la réalité... Qu’en pensez-vous ?

Je ne peux pas confirmer des mots que je n’ai pas entendus, ni ne souhaite donner crédit aux vantardises de cercles qui ont toujours aimé s’attribuer des mérites dans la gouvernance de l’Église. Mais je peux dire que cette lecture coïncide exactement avec ce que les faits rendent évident à quiconque veut le voir. Bergoglio a créé la majorité écrasante du Collège des Cardinaux, en choisissant des hommes que personne ne connaissait, de très mauvaise formation, issus de sièges sans importance, dont la seule qualification était la fidélité personnelle à Bergoglio et, presque toujours, une vulnérabilité qui les rendait contrôlables. Un Conclave ainsi composé ne pouvait élire qu’un Prevost, c’est-à-dire un homme qui garantirait la continuité de « l’héritage synodal » de Bergoglio.

La Franc-Maçonnerie est satisfaite de cette élection et cela n’est pas du tout surprenant : elle s’était également réjouie de celle de Jean XXIII. Depuis trois siècles, elle poursuit un seul dessein : démolir l’Église Catholique. D’abord en la vidant de sa dimension surnaturelle et en la réduisant à une organisation philanthropique, puis en la subvertissant de l’intérieur, et enfin en la transformant en l’anti-église, c’est-à-dire en cette Religion Universelle de l’Humanité qui en est le véritable but.

La synodalité, en tant que révolution permanente et quintessence de toutes les instances du modernisme, est ce qui se rapproche le plus de ce projet, réalisé de l’intérieur. Il n’est pas nécessaire d’imaginer des conspirations : il suffit de lire l’Instruction permanente de l’Alta Vendita, qui décrit un siècle et demi à l’avance un Pape formé selon les idées de la Révolution, élu par des Cardinaux formés aux mêmes idées. Si une autorité maçonnique s’est réjouie de l’élection de Prevost, c’est parce que ce qu’ils s’étaient proposé s’est réalisé. Le regret est pour ces Cardinaux et ces fidèles qui, pendant quelques mois, ont voulu se bercer d’illusions. L’expression « idiot utile » est offensive, et je ne la ferai pas mienne ; mais je crains que celui qui l’a utilisée connaît bien la nature de l’utilité qui est attendue de celui qu’ils ont élu.

lifesitenews

[1] En réalité, la fonction de préfet de la Congrégation suprême était réservée au Pontife. Ottaviani en était le secrétaire.

(© Traduction de Francesca de Villasmundo)

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